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films:les_contes_de_la_lune_vague_apres_la_pluie | V O D A N A
 

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Les Contes de la lune vague après la pluie (雨月物語, Ugetsu monogatari) est un film japonais sorti en 1953, réalisé par Kenji Mizoguchi, d'après deux nouvelles de Ueda Akinari.

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Synopsis

Le Japon au 16ème siècle. Deux paysans sont pris dans la guerre civile et partent pour la ville. Kenjuro le potier rencontre la princesse Wakasa au marché et en tombe éperdument amoureux. Elle l'entraîne dans sa luxueuse résidence, à l'écart de la cité, et le subjugue par ses charmes. Mais Kenjuro apprendra à ses dépens à ne pas se fier aux apparences. Quant à Tobeï le paysan, abandonnant sa femme qui finira prostituée, il cherche à devenir samouraï pour se couvrir d'une gloire factice...


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Fiche technique

* Titre : Les Contes de la lune vague après la pluie
* Titre original : Ugetsu Monogatari
* Réalisation : Kenji Mizoguchi
* Scénario : Yoshikata Yoda, Matsutarō Kawaguchi, Kenji Mizoguchi, d'après deux nouvelles des Contes de pluie et de lune de Ueda Akinari
* Production : Masaichi Nagata
* Musique : Fumio Hayasaka, Tamekichi Mochizuki, Ichirō Saitō
* Image : Kazuo Miyagawa
* Montage : M. Myiata
* Pays d'origine : Japon
* Genre : drame
* Durée : 89 minutes



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Distribution

* Machiko Kyō : Wakasa
* Kinuyo Tanaka : Miyagi
* Mitsuko Mito : Omaha
* Masayuki Mori : Genjuro
* Eitaro Ozawa : Tobei
* Ikio Sawamura : Genichi
* Kikue Mori : Ukon



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L'œuvre mizoguchienne

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À la différence des autres qui suivent les péripéties de ce duel en passant constamment de l'apparence à la réalité et établissent ainsi le mouvement secret et interne de leur film, Mizoguchi installe ce conflit au cœur même non seulement de sa mise en scène mais de chacun de ses plans. Chaque image, chez lui, est immédiatement double. A la fois le constat dans sa vérité documentaire du monde extérieur, dur, cruel, contraignant et le reflet du monde intérieur c'est-à-dire du retentissement affectif, du sentiment douloureux qu'éprouvent les personnages victimes de cette réalité qui les torture sans relâche. Dès lors, la durée de ce plan est fonction du mouvement subtil qui s'établit entre ces deux mondes, l'un - le monde objectif - cherchant toujours à imposer sa loi rigide et à détruire toute vie affective et spirituelle, l'autre - le monde subjectif - désirant au contraire préserver la qualité interne de la vie intérieure et plus encore transformer la réalité en un univers idéal, rêvé, irréel. Mouvement incessant qui se poursuit de plan en plan jusqu'à la victoire finale - et là encore apparente car tant que la vie continue le conflit ne peut avoir de cesse - de l'un ou l'autre camp.

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Ceci se traduit esthétiquement par le conflit entre la beauté sensible, immédiate, évidente - beauté picturale - de chaque image chez Mizoguchi et la réalité qu'elle révèle très souvent atroce, impitoyable, infernale. C'est pourquoi plus l'image sera belle et semblera échapper par sa magnificence à l'emprise du monde objectif, plus cette beauté masquera la présence de celle-ci plus contraignante que jamais.

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Dans le combat sans fin que le personnage mizoguchien doit livrer au monde objectif pour imposer sa personnalité, c'est-à-dire son rêve, il n'y a de place que pour l'affrontement sans trêve. C'est finalement contre la beauté même que le héros doit se révolter car elle est le piège fatal. Alors la réalité extérieure attaquée de front Iivre son misérable secret : elle n'est que pure apparence qui recule épouvantée face à la force de l'esprit de vérité.


Jean Douchet, pour www.institutalekan.com


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À propos du film

Inspiré de deux contes d'un recueil de nouvelles célèbre au Japon et d'un autre de Maupassant, Les contes de la lune vague sont une réflexion sans précédent sur le conflit des désirs masculins et féminins et la position de l'artiste.

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C'est surtout une œuvre à la précision de mise en scène inégalée. Mizoguchi filme presque toujours en légère plongée et d'assez loin pour que toute la scène se déroule dans un espace où les mouvements des personnages seront l'expression de leur sentiment. Si un personnage exprime un désir, il est immédiatement mis en échec par une force contraire ou alors il se réalise et se matérialise dans le milieu de l'image. La guerre vient-elle ainsi bien davantage du dedans des personnages que du dehors où s'opposent deux clans dans le XVIème siècle japonais.

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Mizoguchi met en scène la première apparition de Wakasa en figurant un écran dans l'écran. Une forme indistincte mais reconnaissable vient vers nous, spectateur. La caméra recule et découvre Genjuro qui occupe notre place, qui est aussi celle du metteur en scène. Miyagi semble passer sous le regard de Genjuro un test pour l'obtention d'un rôle, celui d'une femme désirable, mais son allure de paysanne le lui interdit. Genjuro l'élimine de sa pensée donc elle disparaît de notre vue. Car Genjuro aspire à une vraie star. Et il appelle inconsciemment la femme idéale dont il rêve et dont l'aspect sophistiqué, maquillé, puisse satisfaire son fétichisme. Par un jeu de champ contre-champ, rare chez Mizoguchi, celui-ci répond à notre attente, Wakasa entre dans la champ. Elle n'est que séduction comme l'image immatérielle d'une star hollywoodienne.

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La beauté artificielle, apprêtée, de Wakasa appelle un discours sur l'art, la vraie beauté, et l'artiste. Pour Mizoguchi, l'art doit être utile, aider les gens à vivre à comprendre, à aimer. S'il reste extérieur, social, ritualisé, décoratif, il devient dangereux, voir mortel. La séparation entre l'artisan et l'artiste est infime. L'artisan potier fabrique des objets nécessaires à la vie de tous. L'artiste, souvent narcissique, égoïste, doit donner une image sublimée de la vie. L'artiste, tel Mizoguchi, sait qu'il doit passer par la beauté qu'il condamne pour atteindre la vérité qu'il défend.

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Ainsi la Lune Vague après la pluie nous conte l'aventure de l'homme face à la vie qui, doit opter entre sa réalité profonde et l'apparence de sa réalité, et celle de l'artiste face à son art tenté de choisir la beauté pure et mensongère contre la beauté de la vérité et la vérité de la beauté. C'est que vie et art ne sont qu'une seule et même expérience, l'une extérieure, l'autre intérieure, l'une objective, l'autre subjective.


Sources : www.cineclubdecaen.com, www.institutalekan.com


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La critique alternative de Shangols

Étonnant de voir la variété de styles dans ce film, et la maestria avec laquelle Mizoguchi manie ces genres différents. Les Contes de la Lune vague après la pluie (quel titre sublime) commence comme un film italien néo-réaliste, avec cette insistance sur les gestes du travail (la poterie), et la présence étouffante du contexte social (la campagne, la guerre, la pauvreté, l'artisanat).

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Puis on passe ensuite à une chronique brechtienne, un portrait de plusieurs innocences prises dans les rets de la guerre, de l'ambition, de la vénalité. C'est là que le film est le plus réussi, dans ce croisement cynique de destins broyés : un homme se perd dans son ambition de devenir samouraï, un autre dans son ascension sociale, une femme perd sa dignité (et sa vie) dans la tourmente de la guerre. On pense bien sûr à Homme pour Homme ou à Mère Courage de Brecht, la politique en moins, dans ces portraits moraux brossés par le biais des évènements plus que des sensations. La profondeur des décors (magnifiques forêts de studio, architecture très fouillée des maisons, belles plongées sur des villes populeuses, direction parfaite des foules), et le rythme étonnamment rapide de ces séquences font fonctionner cette fresque intime de façon très efficace.

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Enfin, on passe à un style beaucoup plus "japonais" : le rythme ralentit énormément, ainsi que la musique (insupportable...), et Mizoguchi se met à parler de fantômes et de réincarnation, de bouddhisme et de codes d'honneur. C'est la partie la moins touchante sûrement, en grande partie à cause de ce fameux fossé qui sépare cette culture étrange de la nôtre, mais en partie aussi, il faut le reconnaître, à cause des acteurs qui sont rarement à la hauteur des ambitions du gars. Pourtant, là aussi, le charme agit, grâce à ces lumières surexposées alternant avec des écrans pratiquement noirs, grâce à ces chorégraphies des gestes et des regards qui sont souvent très émouvantes, grâce à ces cadres toujours nouveaux et surprenants (la scène de la traversée du fleuve est à se damner de beauté).

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Ce mélange, entre tradition et modernisme, fait des Contes de la Lune vague un film charnière entre deux mondes, entre deux esthétiques. Un peu comme si Confucius avait lu Marx... La classe, en fin de compte.


Source : http://shangols.canalblog.com/


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