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films:maitresse | V O D A N A
 

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Maîtresse est un film français de Barbet Schroeder, sorti en 1975.





Synopsis

Jeune provincial, Olivier recherche l’aventure. Arrivé à Paris, il rejoint Mario qui l’embauche pour faire du porte-à-porte et vendre des livres d’art. En offrant leurs services dans un vieil immeuble, ils font la connaissance d’Ariane. L’appartement du dessous étant inoccupé, Mario revient avec Olivier, la même nuit, pour le cambrioler. Au moment où ils y découvrent une série d'objets destinés à satisfaire des désirs particuliers, les deux hommes sont surpris par Ariane qui se révèle la maîtresse incontestée de ce trouble univers...


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Fiche technique

* Titre : Maîtresse
* Réalisateur : Barbet Schroeder
* Scénario : Barbet Schroeder et Paul Voujargol
* Producteur : Pierre Andrieux
* Musique : Carlos D'Alessio
* Image : Néstor Almendros
* Montage : Denise de Casabianca
* Pays d'origine : France
* Genre : Histoire d'amour sur fond de SM
* Durée : 108 minutes
* Date de sortie : 28 avril 1975 (France)



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Distribution

* Bulle Ogier : Ariane
* Gérard Depardieu : Olivier
* André Rouyer : Mario
* Nathalie Keryan : Lucienne
* Holger Löwenadler : Gautier
* Roland Bertin : l'homme en cage
* Tony Taffin : Émile
* Anny Bartanovski : la secrétaire
* Serge Berry : le domestique
* Richard Caron : le premier client
* Pierre Devos : le patron du bistrot
* Jeanne Herviale : la concierge
* Michel Pilorgé : l'hôte
* Cécile Pochet : l'hôtesse



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Critique du net

Maîtresse est incontestablement le meilleur film de Barbet Schroeder. Réalisé en 1976, juste après une période particulièrement féconde en tant que documentariste, le réalisateur reprend certains membres d'une équipe qui le suit depuis le début, notamment son chef opérateur Nestor Almendros l'un des plus talentueux. Il parvient à tirer profit de ses expériences précédentes pour mettre en scène une œuvre magistrale, fictionnelle mais « documentarisante » si l'on nous accorde ce néologisme, bien qu'occultée lors de son lancement par d'autres films du même acabit comme Salò ou les 120 journées de Sodome de Pier Paolo Pasolini ou L'Empire des sens de Nagisa Oshima tous deux sortis quelques mois auparavant. On l'aura compris à la lecture de ces deux titres, Maîtresse est une œuvre qui vise à provoquer, à choquer, sexuellement explicite et parfois violente, mais elle va bien au delà de ce principe un peu facile du scandale en images.

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Maîtresse est l'un des seuls films abordant de front le masochisme et comme tous les films de Schroeder jusqu'aux années 80, il s'agit une œuvre forte sur l'humain, sa psychologie et ses pratiques marginales. Le film s'intègre tout à fait dans le contexte historique et social de l'époque. Il se situe à l'un des points culminants de la libération sexuelle et de la monstration de l'acte sexuel à l'écran. Alors que tous les tabous semblent être sans cesse repoussés vers une libération maximale du plaisir, Schroeder montre que certains d'entre eux restent complètement refoulés. La pratique mise en avant dans Maîtresse est l'une des plus des plus marquées par les interdits : elle associe le sexe au mal, et fait du plaisir un privilège car seule une frange de la population y a accès, la grande bourgeoisie et les restes de l'aristocratie décadentes qui sont les seules à pouvoir se payer les services d'une maîtresse pour s'adonner à leur passe-temps lubriques. Le réalisateur dote son œuvre d'une critique sociale virulente à l'encontre de ces individus, les plus conservateurs, les plus puissants économiquement et politiquement mais également les plus pervertis. Ils semblent tous vouloir enfouir au maximum toutes ces pratiques honteuses, les cacher du monde, ne pas être découverts pour s'y adonner sans être rabaissé au rang d'individus lambda. Et nous assistons à la libération la plus crue et la plus sordide de leurs vices. Schroeder signe un film éminemment politique sur l'hypocrisie du pouvoir et la fausse morale, les adeptes de cette pratique s'avérant tous être des drogués de l'autorité cherchant à tout pris à inverser le rapport dominant/dominé pour rétablir un certain équilibre.

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L'intérêt du film est également documentaire. En effet, outre Bulle Ogier et Gérard Depardieu, le réalisateur a fait appel à de réels adeptes des pratiques SM qu'il a masqués. Ces individus ne savaient même pas qu'ils allaient être conduits sur un plateau de tournage, ce qui contribue à accroître la véracité du propos et de ce qui est montré. Tout est filmé de manière crue dans des conditions très réalistes ce qui permet à Schroeder de sonder et de pénétrer plus en profondeur encore l'esprit torturé des personnes qu'il filme. Maitresse semble être autant un documentaire sur le SM et la psychologie humaine qu'une histoire d'amour inhabituelle. Le contrepoint apporté par la fiction rétablit l'équilibre et apporte une vision double et une nouvelle forme de réalité. Cet effet particulièrement réussi et vertigineux prend toute son ampleur dans une séquence étrange, à première vue coupée de toute l'action du film : celle d'un abattoir que visite Gérard Depardieu et qui agit comme un retour aux sources. Tout à coup la violence qu'il a accumulée en lui depuis le début semble surgir et se matérialiser dans la figure d'un cheval tué et saigné frontalement (âmes sensibles s'abstenir !) qu'il regarde sans expression avant de rentrer en manger un steack. Alors que Depardieu est le personnage de la fiction sa violence s'exprime dans une séquence qui pourrait figurer dans le documentaire célèbre de Georges Franju : Le Sang des bêtes.

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Les rapports de domination sont incessants entre les personnages, et leur mise en scène est particulièrement réussie de la part de Schroeder. On se situe dans un entre deux mondes : l'appartement du haut est celui de Bulle Ogier, de sa vraie vie et l'appartement du bas est étroitement rattaché à la maîtresse : elle descend dans les entrailles de l'immeuble pour assouvir les désirs coupables de victimes consentantes. Le jeu de lumières d'Almendros renforce cette impression : très réalistes pour l'appartement du haut et plus expressives voire expressionnistes et colorées en bas créant une atmosphère énigmatique. De même les espaces intérieurs sont le lieu de Bulle Ogier prisonnière de son « emploi » de maîtresse et l'extérieur est celui de la libération totale. C'est là où l'entraine Gérard Depardieu et où elle retrouve une joie de vivre, où elle est affranchie de toutes les conventions et du secret qui pesait sur sa pratique. Maîtresse est l'anti-Belle de jour : Ogier cherche la liberté là où Deneuve cherchait l'emprise, Ogier cherche le plaisir de l'autre là où Deneuve cherchait le sien. Schroeder cherche la vérité de l'esprit humain là où Buñuel s'amusait à la manière du surréaliste qu'il était. Deux démarches opposées pour deux œuvres majeures.

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L'un des autres multiples points forts du film, qui se révèle être parfaitement maîtrisé par un cinéaste en pleine possession de ses moyens et qui transcende un sujet pourtant délicat, se retrouve au milieu du film dans une séquence où Schroeder fait dire à Bulle Ogier, son actrice fétiche à laquelle il semble pleinement s'identifier et qui répond aux interrogations de Depardieu : « C'est fabuleux de pouvoir entrer dans la folie des gens, c'est intime [...] je ne participe pas, moi je suis là pour mettre en scène, c'est à moi d'inventer, de rentrer dans leur folie ». Cette phrase résume à elle seule l'enjeu du film. Il s'agit d'une réflexion sur le métier de cinéaste, sur sa propre démarche : Barbet Schroeder pénètre la folie humaine de la plus belle manière qui soit. Qui mieux que lui peut se targuer d'être ce metteur en scène de l'Humain et de l'intime ?


Nicolas Thys, pour www.ecranlarge.com


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/home/vodana/vodana.org/wiki/data/pages/films/maitresse.txt · Dernière modification: 31/10/2011 11:39 par vodana
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